Bourem est une ville passionnante et paisible entre la vallée du Tilemsi et le fleuve Niger. Découvrez le.
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Date de création : 05.12.2008
Dernière mise à jour :
11.01.2023
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+229 95 67 77 26 retour d'affection immédiat
l e grand maître spirituel gambada djogbe apporte une aide pré
Par lutter-contre-coro, le 18.08.2024
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merci de l'info
Par Anonyme, le 15.09.2023
ok merci
Par Anonyme, le 06.06.2019
c’est bien noté ghana, je vais corriger !
malick
Par Anonyme, le 04.06.2019
Bienvenue sur le blog de Bourem créé par Abdoul Malick Maïga.
Bonne visite!!!
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Nous devons nous inspirer de cet extrait pour nous reveiller.
"La vérité restait là, entêtée et incontournable : Dieu avait donné aux peuples du Nord, y compris à travers [leur] langue, le moyen d’imposer leur vision du monde. Shrapnel observait deux phénomènes autour de lui. D’abord, il y avait un nombre croissant d’individus ne maîtrisant ni la langue de leurs pères, ni celle des conquérants. Ensuite, il y avait cette minorité de puissants dont les enfants ne connaissaient que le parler des envahisseurs, seul idiome désormais usité dans les familles aisées, où on s’imaginait ainsi blanchir un peu. Les premiers, ceux qui ne possédaient aucune langue, n’étaient plus en mesure de penser. Les autres, ceux qui n’avaient que la langue des impérialistes, pensaient comme des colons. [Ils formaient] le monde de ceux qui singeaient les vainqueurs. […]
Les bourgeois du pays habitaient de belles demeures. Ils parlaient en famille la langue des conquérants. Ils passaient leurs vacances au Nord, d’où ils revenaient bardés de signes extérieurs de leur supériorité pécuniaire. Cependant, la façade policée ne servait qu’à dissimuler la désagrégation totale de leur mental. Tout ce qu’ils semblaient avoir retenu de leurs maîtres résidait dans une hiérarchisation coloniale des rapports humains. Ils maîtrisaient par conséquent les expressions les plus achevées de la brutalité. Ils formaient une caste de grands malades, atteints de maux que la psychanalyse n’avait pas encore identifiés. Ils n’avaient rien à apporter à leurs compatriotes. Rien à laisser à leur descendance, que des fortunes bâties sur des charniers, des villas érigées sur la défaite de leurs ancêtres et la misère de leurs contemporains. Ils n’avaient très certainement rien à dire à ce Nord dont ils avaient emprunté les oripeaux. Ce n’était pas en les connaissant davantage, qu’il était possible de comprendre comme le Nord s’était assis sur le toit de l’univers. Tout ce qu’on pouvait apprendre à leur contact, c’était combien ils avalisaient la mort [du monde de leurs pères et de leurs traditions]. Combien ils étaient inaptes à êtres des modèles. Combien ils ne feraient jamais que détruire ceux qui leur ressemblaient. Eux, l’élite. Eux, l’élite de tout un peuple. Ils méprisaient ces populations dont ils étaient issus. Ils les haïssaient pour le rappel constant qu’elles leur faisaient de ce qu’ils étaient et resteraient, quoi qu’ils fassent.
Pour le Nord, ils seraient toujours des vassaux. Chaque fois qu’on louerait leur maîtrise de la langue des colons, le raffinement de leurs manières, ce ne serait que pour indiquer qu’on avait su les mater et les remodeler. Eux, l’élite. Eux, les dignitaires de tout un peuple. Ils étaient des caricatures eux aussi, mais contrairement à la jeunesse noire massée sur les quais du métro, ils s’en satisfaisaient. Nul désespoir ne les étreignait. Nul ersatz de colère n’embrasait leur cœur. Ils étaient des esclaves consentants."
background: #f5f5f5;">De: Tels des astres éteints, de Léonora Miano. Éditions Plon, 2008.